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Alger La Blanche : reine de la mer

Du haut de la  crête, Alger surplombe la mer méditerranée avec sa majestueuse façade blanche à qui elle doit son nom d’Alger La Blanche.

Genèse d’Alger

Terre libre et d’accueil, Alger n’a cessé d’attirer à travers l’histoire, le regard d’autres peuples, qui ont tous succombé devant son charme. Déjà dans l’antiquité, ses maîtres, les Rois Berbères devaient avoir du mal à la protéger.  Les phéniciens, dès le 4ème siècle. av. j en firent un comptoir et bâtirent l’Ikosim. Les Romains, dès le milieu du 2ème siècle av. J s’installèrent à l’Icosium.  Les Vandales prirent aussi place dès le 5ème siècle apr. J. et, ce fut le tour des Byzantins pour leur succéder,  un siècle plus tard. Grâce à un jeu alterné d’alliance et de résistance, que les Rois Berbères ont pu gérer cet épisode tant mouvementé d’Alger antique. Toutefois la fondation de Djezaïr-Béni-Mezghanna, d’où elle tire son nom actuel (le nom d'Al-Djezaïr, signifie en arabe les îles) revient au prince Berbère Bologhine Ibnou Ziri. En 960, sur les vestiges d’Icosium, il bâtit la ville qui allait devenir la capitale de l’Algérie. Alger médiévale fut marquée surtout par le règne des deux dynasties, les Béni Ziri et les Mourabitounes.  Au 16ème siècle, les Turcs Ottomans s’installèrent sur les hauteurs de la ville et bâtirent la Casbah. Au sud de la crête, ils aménagèrent des jardins et bâtirent des palais et demeures de plaisance. Les Français lors de la colonisation en 1830 devaient étendre les bras de la ville, amorçant un mouvement d’extension est et ouest, le long de la mer. Depuis l’indépendance de l’Algérie en 1962, Alger ne cesse de s’agrandir  et de prendre de l’importance, en raison de son rôle de capitale économique et politique.

 Mer et Ville

L’histoire d’Alger, comme son urbanisation témoignent de l’amour que la ville réserve à sa mer.

À partir de la mer la ville prit naissance. Elle a dû se retirer ensuite vers la crête (la Casbah), pour surplomber la mer et prendre le contrôle de son territoire. Elle renoua vite avec la mer,  pour s’étendre et se développer le long de ses côtes, avant de faire des percées timides au sud.

Alger ne cesse depuis, d’allonger ses bras le long de ses côtes pour contenir  jalousement sa mer. Face à la mer, elle dresse sa façade majestueuse pour accueillir ses hôtes.

La mer marque la vie quotidienne de l’Algérois, son art culinaire, ses activités, ses loisirs, ses rêves, son imaginaire, sa littérature, sa musique, son art et son architecture. Elle ne cesse de susciter l’intérêt des artistes, des architectes, des poètes, etc., pour s’en inspirer.

On ne peut pas résister devant les plats de poisson servis à la pêcherie d’Alger, chez le Sauveur et bien d'autres. On tombe rapidement en amour avec toutes les œuvres architecturales du quartier de la marine d’Alger, de la Casbah et de la pêcherie.

La ville, l’art et l’architecture

Alger a le privilège de contenir un répertoire architectural des plus riches et des plus variés du monde.

Si des fragments de la préhistoire et de l’antiquité sont jalousement gardés dans le musée le Bardo, dans des sites à ciel ouvert et dans d’autres musées. La ville toute entière offre une mosaïque vivante de styles. La grande mosquée d’Alger située dans le quartier de la pêcherie témoigne de la richesse architecturale et artistique d’Alger médiévale. Les mosquées, les palais et les demeures des quartiers de la pêcherie, de la marine et de la basse Casbah, témoignent de l’influence ottomane. Le quartier Sidi Abderrahmane At-taalibi, avec ses dômes et lieux de prière marque l’empreinte des maîtres spirituels d’Alger, à une époque où Alger allait sombrer si ce n’est le recours à la sagesse de ses maîtres. Les quartiers Didouche et Ben Mhidi (précédemment Michelet et d’Isly) marquent l’architecture urbaine du 19ème siècle et témoignent de l’empreinte coloniale.

La Grande poste, le siège de la wilaya d’Alger, l’Université de Kharrouba (Œuvre d’Abderrahmane Bouchama) sont de beaux monuments vivants qui témoignent du style néo mauresque. L’Aéro-habitat (Œuvre de Le Corbusier), Diar El Mahçoul (œuvre de Pouillon), les cités périphériques d’Alger, l’université des sciences et de la technologie d’Alger (Œuvre d’Oscar Niemeyer), etc. témoignent de l’influence de l’architecture moderne. Le quartier de Maqam Echahid (mémorial du martyr) et autres monuments récents témoignent de l’influence de l’architecture contemporaine. Des générations d’artistes ont su témoigner à travers leurs belles œuvres de leur amour d’Alger. Parmi les artistes européens, on peut citer : Delacroix, Dinet, Fromentin, Chassérian, Vornet, Gérôme, Guillaumet et beaucoup d’autres; on apprend aussi (d’après Marion Vidal-Bué, 2000) que Renoir, Marquet, Dufy, Friesz ou Maurice Denis ont peint Alger. Parmi les  artistes algériens, on peut citer: les frères Racim, Baya, Issiakhem, Khadda, Koreïchi, Kara-Ahmed, Boukerche, Boutaleb, Mesli, Yellès, Mammeri, Zmirli et bien d’autres.

Alger ne cesse grâce au génie de ses jeunes architectes et artistes, de marquer son espace et d’enrichir son répertoire.

Ville et culture

Alger est répondue pour être le berceau d’un art raffiné aussi bien musical, culinaire que vestimentaire, etc.

Si la chorba, les bourek, le couscous, le poisson, sont réputés garnir la table algéroise, la pâtisserie aux amandes, et les dziriyates, s’imposent, comme desserts incontournables.

C’est aussi à Alger que la musique Chaabi (populaire) est née. Un style unique et propre à Alger, pour chanter l’amour et la douleur.

Sans le Chaabi, les bourek, les dziriyates, Alger perdrait tout son esprit. C’est bien à son esprit, que le lieu doit toute son existence. 

Pour plonger davantage dans l’esprit d’Alger, écoutons Line Monty et Abdelmadjid Meskoud chanter Alger.

Par Dr. Brahim Benyoucef